Assurance habitation : ce que change la hausse des primes pour votre résidence principale

Les cotisations d’assurance habitation progressent à un rythme soutenu depuis 2023, bien au-delà de l’inflation générale. En 2025, le marché français de la multirisques habitation (MRH) a atteint 15 milliards d’euros de cotisations, soit une hausse de 8,4 % sur un an selon France Assureurs. Pour les propriétaires et locataires qui s’interrogent sur leur contrat, le moment est propice à faire le point.

Des primes qui s’envolent : pourquoi cette tendance s’accélère

La prime moyenne hors taxes d’une assurance MRH s’établissait à 323 euros par an en 2025, contre environ 351 euros pour les propriétaires occupants en 2026. Pour l’année en cours, les hausses attendues oscillent entre 8 et 15 % selon les assureurs, un niveau supérieur aux prévisions initiales.

Plusieurs facteurs expliquent cette dynamique. Le plus visible : la surprime catastrophes naturelles, dont le taux est passé de 12 % à 20 % au 1er janvier 2025, avec un plein effet sur les renouvellements 2026. À cela s’ajoutent des sinistres climatiques records (5,2 milliards d’euros en 2025 selon France Assureurs), la hausse du coût des matériaux et de la main-d’œuvre, et la fin de l’accord qui plafonnait les hausses à l’inflation. Résultat : les assureurs disposent désormais d’une liberté tarifaire totale.

Sur le terrain, les dégâts des eaux restent le premier poste de sinistralité, représentant 44 % des 4,6 millions de sinistres indemnisés en 2024. Les incendies, moins fréquents (4 % des sinistres), génèrent en revanche des coûts unitaires bien plus élevés.

Garanties et obligations : ce qu’il faut savoir selon votre situation

L’obligation d’assurance ne s’applique pas de la même façon à tous. Les locataires d’une résidence principale, vide ou meublée, sont tenus de s’assurer en vertu de l’article 7 g) de la loi du 6 juillet 1989. La couverture minimale exigée porte sur les risques locatifs : incendie, dégâts des eaux, explosion. Le bailleur ne peut pas imposer une compagnie spécifique.

Les propriétaires occupants d’une maison individuelle, eux, n’ont légalement aucune obligation, sauf en copropriété où une responsabilité civile est requise. L’absence d’assurance reste néanmoins un pari risqué : un sinistre non couvert peut engager des sommes considérables.

Une MRH complète pour votre résidence principale couvre en général l’incendie, les dégâts des eaux, la tempête, la grêle, les catastrophes naturelles (obligatoire légalement), la responsabilité civile vie privée et souvent le vol. Des garanties optionnelles viennent compléter le contrat selon les besoins : protection juridique, bris de glace, appareils nomades.

Si la hausse de vos primes vous incite à revoir votre contrat, sachez que la loi Hamon permet de résilier à tout moment après la première année, sans frais. 

Dans ce contexte de hausse structurelle, comparer les offres et vérifier que ses garanties correspondent à sa situation réelle n’est plus une démarche optionnelle. Un contrat mal calibré peut coûter cher, dans un sens comme dans l’autre.

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