Les primes d’assurance habitation ont bondi de 8,4 % en 2025, selon France Assureurs, pour atteindre 15 milliards d’euros collectés sur l’année. Dans ce contexte, beaucoup de propriétaires qui s’apprêtent à rénover leur bien se posent une question légitime : leur contrat actuel suffit-il à les protéger pendant et après un chantier ? La réponse est plus nuancée qu’il n’y paraît.
Ce que couvre votre contrat classique, et ce qu’il exclut
Une assurance habitation standard offre une protection partielle pendant les travaux. La garantie responsabilité civile joue, par exemple, si vous endommagez le mur d’un voisin ou si un tiers est blessé sur le chantier. Certains sinistres courants, comme un incendie ou un dégât des eaux survenu pendant le chantier, peuvent aussi être pris en charge, à condition que le contrat ne prévoie pas d’exclusion spécifique.
Mais les malfaçons, les travaux mal réalisés ou les défauts de construction ne sont pas couverts par un contrat habitation classique. C’est précisément pour cette raison qu’il est indispensable de prévenir son assureur avant le démarrage d’un chantier : il peut proposer une extension temporaire de garantie ou adapter la couverture existante. Pensez aussi à exiger de chaque artisan son attestation d’assurance décennale avant de lui confier quoi que ce soit.
Pour les travaux de rénovation touchant à la structure du bâtiment, deux assurances spécifiques méritent attention : l’assurance tous risques chantier (TRC) et l’assurance dommages-ouvrage (DO).
TRC et dommages-ouvrage : à quoi servent ces deux assurances ?
L’assurance tous risques chantier couvre le maître d’ouvrage, qu’il soit particulier ou professionnel, contre les dommages survenant entre l’ouverture et la réception du chantier : incendie, vol, effondrement, actes de vandalisme. Son coût est relativement accessible, autour de 0,15 % du coût de la construction hors taxes. Elle n’est pas obligatoire, mais vivement recommandée dès que le chantier est d’envergure. En rénovation, la garantie dite des « existants » protège également les parties du bâtiment antérieures aux travaux.
L’assurance dommages-ouvrage, en revanche, est obligatoire. Instaurée par la loi Spinetta, elle garantit le préfinancement des réparations relevant de la garantie décennale, sans qu’il soit nécessaire de rechercher la responsabilité de l’artisan. Son coût varie entre 1 % et 5 % du montant total des travaux. En cas d’absence, les conséquences sont sérieuses : banques et notaires peuvent bloquer un financement ou refuser de finaliser une vente. Depuis 2025, la réglementation impose également que chaque contrat DO liste clairement ses exclusions et encadre les délais d’indemnisation.
Les garanties légales que vous pouvez exiger de l’artisan
Une fois les travaux réceptionnés, trois garanties légales s’appliquent automatiquement, indépendamment de votre propre assurance. La garantie de parfait achèvement court pendant un an et couvre les désordres signalés à la réception. La garantie biennale, valable deux ans, protège les équipements dissociables comme une chaudière ou des volets roulants. La garantie décennale, enfin, couvre pendant dix ans les dommages qui compromettent la solidité de l’ouvrage ou le rendent impropre à sa destination.
Attention toutefois : la jurisprudence a précisé que les défauts d’entretien imputables au propriétaire peuvent exonérer partiellement le constructeur. Une toiture négligée ou des gouttières jamais nettoyées ne relèvent pas de la décennale si les dégâts en résultent directement.
Avant de lancer un projet de rénovation, un tour d’horizon complet de vos couvertures actuelles et des assurances à souscrire reste le meilleur moyen d’éviter les mauvaises surprises. Pour aller plus loin sur les travaux de rénovation et les questions pratiques qui y sont liées, la rubrique dédiée du site apporte des repères utiles au fil des projets.

