Avec 46,3 millions de contrats multirisques habitation (MRH) en portefeuille à fin 2025 et des cotisations atteignant 15 milliards d’euros, l’assurance habitation occupe une place centrale dans la vie des ménages français. Pourtant, entre obligations légales mal comprises et hausses de primes qui s’accumulent, le sujet mérite d’être remis à plat, que l’on soit locataire, propriétaire bailleur ou acquéreur en cours de transaction.
Une obligation légale, mais pas pour tout le monde
L’assurance habitation est obligatoire pour les locataires, y compris dans les logements meublés, ainsi que pour les copropriétaires, qui doivent au minimum couvrir leur responsabilité civile. En revanche, un propriétaire occupant dont le logement n’est pas en copropriété n’a aucune obligation légale de s’assurer. Ce point est souvent mal connu, mais la recommandation des professionnels reste unanime : souscrire reste indispensable.
Du côté des locataires, ne pas s’assurer expose à des conséquences concrètes. Si malgré les relances du bailleur aucune attestation n’est fournie, une procédure de résiliation du bail peut être engagée : mise en demeure, commandement par huissier, puis saisine du tribunal. Depuis la loi ALUR de 2014, le propriétaire peut également souscrire lui-même une assurance au nom du locataire défaillant, en répercutant le coût sur le loyer avec une majoration allant jusqu’à 10 %.
Des primes en hausse marquée, portées par le risque climatique
La prime moyenne d’un contrat MRH a atteint 323 euros HT en 2025, contre 299 euros en 2024, soit une progression de près de 8 % sur un an. Sur la période 2024-2026, la hausse cumulée avoisinerait les 30 %, bien au-delà de l’inflation générale, tombée à 0,9 % à l’été 2025.
Le principal moteur de cette évolution reste le changement climatique. En 2025, les sinistres climatiques ont généré 5,2 milliards d’euros d’indemnisations, contre une moyenne annuelle de 3,7 milliards sur la décennie 2010-2019. La grêle à elle seule a pesé 2,2 milliards d’euros. À cela s’ajoute la réforme de la surprime « catastrophes naturelles », dont le taux a été relevé de 12 % à 20 % au 1er janvier 2025, afin de renforcer le mécanisme public-privé d’indemnisation.
Pour les ménages, l’impact concret varie selon les profils. Un propriétaire de maison individuelle en zone à risque peut voir sa facture augmenter de 150 à 200 euros par an. Pour un ménage moyen, le surcoût se situe plutôt entre 25 et 35 euros annuels.
Ce que les professionnels de l’immobilier doivent en retenir
Pour un agent ou un mandataire en gestion locative, la vérification de l’attestation d’assurance à chaque entrée dans les lieux n’est pas une formalité accessoire. C’est une protection juridique pour le bailleur, et un réflexe que le professionnel peut contribuer à ancrer chez ses clients. De même, lors d’un achat, rappeler à l’acquéreur qu’une couverture doit être active avant la remise des clés fait partie du conseil à valeur ajoutée.
Les chiffres confirment que la quasi-totalité des logements est couverte (le ratio contrats MRH sur parc de logements dépasse 1), mais les défaillances ponctuelles existent et exposent le bailleur à des risques bien réels. Pour aller plus loin sur les enjeux autour de la gestion locative, le site immo-franchise.info propose de nombreuses ressources adaptées aux professionnels du secteur.
Dans un marché où les primes continuent de progresser et où la sinistralité climatique s’installe dans la durée, s’assurer correctement est moins une dépense contrainte qu’un filet de sécurité patrimoniale difficile à contourner.

